Foudroyée IV

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Crédit : pixabay.com
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Je devais le prévenir avant que ma morphologie ne me trahisse. Mais j’avais peur. Oui, peur de le perdre avant que cet amour ne grandisse. Je le voyais déjà courir devant moi. Je le voyais surtout s’éloigner de moi. De nous… Mais, chose étrange, ce ne fût pas le cas. Il accueillit la nouvelle avec calme et sérénité, comme s’il s’y attendait. J’étais intriguée, perdue encore une fois. Comment se fait-il qu’il m’aime autant. Qu’il accepte une progéniture qui n’est pas de lui, pourtant. Il me demanda ce que je comptais faire de la grossesse. A ce moment, je ne savais pas bien ce que je voulais en faire. La garder ou m’en défaire ? J’avais besoin d’un petit coup de pouce pour me décider. Un soupir, un sourire, tout ce qui pouvait me galvaniser. Il y a quelques temps je n’aurais pas réfléchi à deux fois. Puisque je voulais absolument un petit bout de Séyram en moi. Je voulais une progéniture de lui et moi. Et ce, malgré tout ce qu’il m’avait fait endurer.

Aujourd’hui ayant connu un autre bonheur avec Solim, je ne voulais plus confondre les choses. Toutefois je ne pensais pas à l’avortement. Je suis farouchement opposé à ce choix même dans l’emportement. Cet être est avant tout une partie de moi que de lui. Une partie de ma vie qui le fuit. Il est en mon sein et j’ai le devoir de le protéger. Je lui ai dit que je comptais la garder et avant que je ne lui dise que j’espérais qu’il veuille la garder avec moi, il m’a dit « c’est notre enfant. Nous l’élèverons ensemble ». Surprise encore une fois. Jusqu’à cet instant, je ne savais pas comment j’allais gérer mes sentiments de nouveaux. Sa sollicitude m’a convaincu. Ses mots m’ont rassuré. Aujourd’hui, je ne suis plus seule. Je ne me sentirai plus seule.

J’avais subitement réalisé combien il ouvrit son cœur en plus grand et offrit une place à cette partie de moi qui lui était inconnue. Mais qu’il voulait découvrir.  Mais quel homme ? Son attention me touche à un point trouble. Je ne sais pas comment le remercier. Je sentis le bébé bouger en moi comme s’il avait lui aussi appris la nouvelle. Quelle preuve d’amour pouvait-il me donner de plus grand et de plus beau… Solim est formidable. Vivre avec lui est agréable. J’aurai dû le rencontrer plus tôt, ai-je pensé.

Solim voulait célébrer la nouvelle comme l’aurait fait le vrai père de tout bébé. Il s’acharnait à faire des programmes : sortir faire des achats pour moi et pour le bébé, faire un petit repas avec la famille et les amis, chercher un appartement pour vivre ensemble, prendre ma température. C’était nouveau pour lui, pour moi aussi. Il me gavait de rêve, et j’y croyais. Il m’aimait, je n’en doutais pas.

J’avais pourtant toutes les raisons d’en douter, d’avoir des réserves mais je n’en avais pas. Le temps a rapidement cicatrisé mes blessures profondes sans que je ne m’en sois aperçue. Je voulais être heureuse et sur des réserves je risquais de compromettre ce bonheur naissant.

Tout allait une fois de plus bien dans ma vie. Je ne pouvais pas demander mieux. Tout roulait tellement bien que je ne pensais plus à ces moments de douleurs que j’ai traversé. Séyram n’était plus dans mes rêves. Je ne vois que Solim quand je ferme les yeux. J’avais définitivement tourné les pages de malheur, à l’encre noir je récrivais une nouvelle histoire.

Ce soir j’ai dîné chez Solim. En bon cordon bleu qu’il est, il m’a fait un plat dont j’ai vraiment aimé la saveur. Il s’amusait à me dire que je venais de  manger pour quatre. Dans un moment de nostalgie, il a posé ses lèvres pulpeuses sur mon cou. J’ai frissonné.  Il a continué. Sa main a fait une exploration qui indiquait une longue nuit. Il m’ordonna de rester tranquille et qu’il se chargerait de tout. Divers mouvements de mains s’en suivirent,  mon corps en transe n’identifiant plus grand chose. Avant même que les troisième membres inférieurs n’interviennent, j’avais déjà jouit.

Au loin la sonnerie de mon téléphone m’interpella mais je n’ai pas réagi. Je ne pouvais pas j’étais au ciel. Lequel je ne saurais le dire. Je m’endormis aussitôt après le supplice heureux que je venais de vivre.

Solim n’était plus dans le lit quand j’ai ouvert les yeux. Le réveil au chevet indiquait onze heures. J’avais donc dormis à ce point ? Il avait laissé un mot et une fleur à côté de son oreiller. On pouvait y lire :  » je t’aime chérie « . Sourire aux lèvres je me suis levé avec un capital d’optimisme pour chercher mon téléphone. Je voulais appeler ce bonheur masculin qu’est Solim.

Deux appels manqués et un message vocal d’un numéro inconnu m’attendaient sur l’écran. Intriguée, je consultais sans hésiter ma messagerie vocale. Ce message de dix minutes me rendit malade. J’aurai dû raccrocher au premier contact avec la voix. Je n’aurai pas du poursuivre, ma foi.

A suivre… !

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