Foudroyée (Partie II)

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Elle se rappelle encore de ce soir où il lui avait sourit pour la première fois. Ce soir où elle avait pensé que rien ne serait plus beau que ce visage. Ce visage si bien taillé dégageant une affection particulière. Ces gestes tendres et attentionnés envers elle, encore inconnue à lui à ce moment. Cette voix grave, consolatrice et sucrée . Troublée serait assez faible pour décrire son état. Elle le regardait ébahi par tant de beauté et de charme. Ebahie par tant de délicatesse et de calme. Un homme avec des attributs aussi composés ne courrait pas les rues. Elle en avait vu passer. Elle en avait même fréquenté. Mais lui, il était bien particulier. Elle le sent. Elle le sait. Mais, elle doute, hésite, bredouille.

Dans son désert à la recherche de la goûte d’eau en or, elle n’avait pas encore vu pareil mirage. Elle n’avait jamais autant été séduite par une si belle image. Prendre le temps de réfléchir ne faisait pas partie de ses options. Elle avait été synchronisée dans son cœur et dans son corps. Comme une musique, elle rythmait chacun de ses mouvements. Rien en elle n’était contre le rêve réel qu’elle s’imaginait. Sur un autel elle aurait pu sacrifier sa mère pour lui. Assise dans son canapé un grand verre de vin en main, elle se disait avoir sacrifié plus que sa vie pour que cette relation marche. Oui, elle avait tout donné. Âme et corps y sont passés et ne reviendront plus. Ah Séyram !!! Tu as tout emporté avec toi. Et la femme, et sa tranquillité.

Les principes du premier soir étaient tombés à l’eau. Le deuxième soir a noyé les autres règles d’or de Délalie. Le troisième soir l’a englouti dans les méandres de ses instincts.

Ce n’était pas facile de supporter tous ses écarts de comportement. Et pourtant, elle s’est battue. Si elle ne l’aimait pas autant, elle l’aurait quitté depuis longtemps. Mais, elle n’avait pas le courage. Celui qu’il lui fallait pour le quitter. Même quand il la bassinait avec des « Pourquoi tu ne me quittes pas ? ». Elle pouvait lire, au détour de ces mots, qu’il lui demandait de ne pas le laisser seul là.

Il lui a fait voir de toutes les couleurs, mais elle a tout supporté. Elle l’a fait grandir et lui a montré les voies de la maturité. C’était exténuant mais au fond ça lui faisait plaisir de s’occuper de lui, de s’occuper de leur couple. Après tout, c’est ce qu’on fait quand on aime n’est ce pas ?

Ce n’est pas facile pour elle de voir le monde, les hommes comme elle le voit. Cruels, froids, sans pitié… Et savoir qu’il n’y aura pas une belle histoire pour elle et lui. Ce n’est pas facile de voir qu’il ne l’a pas compris. Alors qu’elle faisait tout pour qu’il ait un bon nid. Elle voulait que tout aille bien pour elle et lui.

C’est vrai qu’elle avait des méthodes très limites. Et qu’elle attendait souvent des résultats très explicites. Il était bien avec elle mais il pouvait être meilleur. Et pour qu’il le soit elle s’est donnée à lui à chaque heure. Ironiquement elle ne voulait pas le perdre ni lui faire de la peine. Elle pensait qu’il pourrait lui parler, l’insulter, évacuer sa peine. Elle ne l’a pas trahie, elle ne l’a pas trompée, elle ne lui a pas menti. Tout ce qu’elle a fait c’était pour contrer son semblant d’apathie.

L’obscurité parfois peut éclairer la lumière. Et ainsi révéler ses plus grands mystères. La glace, parfois, peut aussi bien brûler comme une braise qu’on allume sur un bûcher. Il n’y a pas que du mal dans ce qui fait mal. Il n’y a pas que du bon dans chaque idéal. Pour savoir, il faut apprendre à oublier. Pour prévoir, il faut apprendre à regarder.

Elle avait un millier de raisons de l’abandonner. Il lui a donné une raison de rester et de l’aimer. Et elle est restée ! Il avait un millier de raisons de rester et de l’aimer. Elle lui a donné une raison de l’abandonner. Et, il l’a laissée tomber.

A suivre…

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