Foudroyée (Partie III)

0
vues
Crédit : Pixabay.com
Crédit : Pixabay.com

Pendant longtemps avant ce soir, elle évitait de mettre du rouge, la couleur préférée de Séyram. Pendant longtemps avant ce soir, elle évitait de mettre ce parfum Yves Saint Laurent que Séyram aimait tant. La musique, une de ses passions était finalement devenue une torture. Elle n’aimait plus écouter « As long as you Love me » de Justin Bieber ni « Je ne t’échangerais jamais » de Marc Antoine encore moins « All of Me » de John Legend. Ces chansons si prisée de Séyram qu’il lui dédiait souvent. Elle s’éloignait de tout ce qui pouvait lui rappeler cette sombre période. Elle ne pouvait plus rire, elle ne faisait que pleurer. Elle aurait pu se donner très vite la mort, s’il ne lui restait pas ce petit bout de lui en elle.

Elle l’avait cherché pour lui en parler. Il n’avait jamais osé décrocher. Il n’avait même pas pris la peine de répondre à ces nombreux messages suspendus sur son répondeur. Il s’en est tenu à ce petit mot sur son lit, leur lit d’amour autrefois :  » Délalie, je ne supporte plus cette relation. J’en suis las. J’aimerais bien chercher ailleurs. Je suis désolé « .

Elle avait d’abord consulté son calendrier, pour s’assurer que le 1er avril était encore loin. Que ces mots n’étaient qu’une farce. Une mauvaise farce. Encore une blague de Séyram, avait-elle pensé. Des blagues dont lui seul avait le secret pour la faire rire. Des blagues d’un niveau de délire.

Hélas ! Ce n’était pas du tout une farce. C’était le mois de Janvier, et le mot ne cadrait avec rien. Absolument rien. Il fallait s’y faire une raison. Il fallait prendre ce poison. Aujourd’hui encore, elle se surprend à penser ainsi. Trois verres de vin engloutis dans son ventre, elle sombrait encore plus dans le désespoir. Tant pis, elle se réveillera peut être le lendemain, moins mal.

Au bout des lèvres de Solim, renaissait une autre Délalie. Une Délalie qui recommence à croire en la vie, en l’amour. Solim avait les mots, mais aussi les gestes qui allaient avec. Il lui donnait l’assurance qui lui manquait. Il lui offrait tout ce qu’elle méritait. Il lui donnait des raisons de croire en un nouveau départ. Il savait quoi lui dire et plus important encore, comment le lui dire.

Les années passent mais rien ne s’efface vraiment. Dans sa vie, il y avait encore des traces.

Le soir du dîner, une seule seconde a suffit pour transformer complètement sa perception du monde. Un regard échangé. Un frôlement furtif. Un sourire dévastateur. Une silhouette inconnue à elle… et tout a basculé. Les priorités se sont entrechoquées et l’ont terrassée subitement sans qu’elle n’ait pu se défendre… L’amour.

Il a suffit d’un regard insistant de Solim, pour immiscer en elle des prémices… d’émotions. Celles qui naissent et que l’on ne contrôle plus. Celles qui envahissent en quelques secondes mais qui demeurent à jamais. Des bouteilles et des bouteilles, des poubelles et des poubelles, des plus belles et des plus belles, qu’importe elle était déjà pris au piège.

Elle arrêtait peu à peu de penser à Séyram, Solim était devenu l’objet de sa hantise. Les jours qui ont suivi, elle se surprenait à recommencer à chanter sous la douche, à danser parfois comme si elle avait gagné au loto.

Cette présence de Solim à ce moment de sa vie a crée en elle une plénitude. Comme si sa réalité s’illuminait, comme si elle se luisait. Et à la fois une absence qui créée en elle une fracture. Comme si sa réalité se disloquait, comme si elle se floutait. Pas celle des histoires que racontent souvent les contes de fées. Mais, cette réalité qui lui fait sentir unique à travers ces frissons et tressaillements prenant le contrôle de ses sens. Celle-là même qu’elle éprouvait pour Séyram, qui ont chuchoté et réduit son moral à néant.

A la fin du dîner, Solim l’a raccompagné. Il lui a demandé un câlin avant de rentrer. Dès que la peau de Solim s’est posée contre la sienne, elle a eu le souffle coupé. Elle s’est sentie réconforter. Délalie a ainsi découvert que Solim est vraiment celui qui saura lui apprendra à aimer de nouveau.

A suivre…

Laissez un commentaire sur guillaumedjondo.com

Commentaires