Foudroyée VI

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Cc / Pixabay.com

Solim rentra avec la même chaleur que je lui connaissais. Moi, j’étais plus inquiète que je paraissais. Le sourire large dessinant son visage en cœur. J’en étais encore plus amoureuse. Je faisais tout pour dissimuler cette gêne douloureuse. Il avait un bouquet gigantesque en main dont le parfum embaumant le séjour jusqu’au fond de mon cœur et effleura même mes entrailles. « Comment avais-je fait pour trouver un ange pareil ? Certes, j’avais prié pour que le Seigneur m’apaise le cœur, mais c’était pour moi plus que ça. Solim que ferais-je sans toi ? »me suis-je demandé.

J’avais dressé la table raffinement, je misais ce soir beaucoup plus sur les couleurs que sur le goût. Il découvrit sans trop de peine que tout ce charme cachait un repas vétuste. Mais, il se leva de sa place et me pris dans ses bras avec le même sourire que celui avec lequel il a franchi la porte. Il me serra longuement, me demandant si j’étais fatiguée, si je voulais qu’il commande un diner ou si je voulais qu’il joue au cordon bleu. Et moi, tout en le regardant dans les yeux je ne comprenais pas pourquoi je pouvais vivre ça. Pourquoi il a fallu que je connaisse l’autre ? Tant d’attention immérité, tant de bienveillance injustifiée.  Des larmes j’en avais assez et ils ne tardèrent pas à couler. Et puis, quand j’y pense je pleure trop. Oui c’est dernières années j’ai assez pleuré. Je n’en voulais plus, mais je sentais que je ne pouvais rien y faire.

J’eu, enfin, le courage de lui dire tout. Je m’attendais à ce que tout ça le rende un peu fou. Mais, il m’écouta avec méticulosité, hochait la tête par moment. Mes mains dans les siennes, il me regarda fixement dans les yeux et me demanda ce que nous, lui et moi, pouvons faire. Il voulait savoir si, sur le coup j’avais pris une décision, ou si j’attendais qu’on réfléchisse ensemble. Je lui dis que mon cerveau fonctionnait au ralenti depuis le coup de fil que j’ai eu. Il voulait me répondre mais son regard m’inquiétait. Il me regardait d’un air alarmant, je commençais aussi à prendre cet air angoissant. Je cru voir en une frêle seconde un désarroi dans nos regards. Toute la frustration du monde commençait à envahir mon esprit. J’avais subitement peur. Je commençais à envisager le pire. Il ne me tardait pas d’entendre ses dires. Il ne me trouvera peut-être pas une réponse mais il me dira qu’il était fatigué et qu’il ne pouvait plus continuer. Il fallait que je sois prête à tout, que je sois préparée à entendre tout. De toute façon, il aurait raison de le faire. Je trainais déjà assez avec l’enfant d’un autre dans mon ventre. Jouant au papa de secours supportant mes nausées, assistant au rendez-vous chez le gynécologue, programmant le « baby shower »… Oui, cette nouvelle histoire aurait raison de sa bonne volonté , de sa patience et peut être de son amour pour moi.

La seconde parut longue mais pris fin quand la voix sensuelle de mon ange me ramena au vrai. Il me dit de sa voix la plus mielleuse « mon sucre d’amour, ne le repousse pas. Ne lui refuse pas la possibilité de discuter du bébé avec toi. Tu sais bien qu’il est le père et que le bébé en a droit. Ecoute le, nous aviserons après »… « je suis là. N’aie pas peur tout ira pour le mieux ». je ne sais pas si mon imagination me jouait des tours mais ses mots pour une fois sonnèrent faux, déconnectés de tout ce monde de rêve que j’habitais avec lui. Que m’arrivait-il une fois énième encore ?

A suivre…

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