Numérique ou Digital ?

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Pour les francophones, « numérique » est logiquement la réponse au titre de ce billet. La différence entre la notion du «  numérique » et celle du « digital » n’est pas aisée à comprendre. Tantôt certains acteurs importants sèment la confusion en utilisant l’adjectif « digital » quand d’autres utilisent « numérique ». On aurait presque cru que ces deux notions signifient la même chose. Loin s’en faut ! Il y a bien une frontière, pas très souvent facile à cerner. Je me propose dans cette synthèse de vous amener à comprendre. Et si à la fin, vous ne comprenez rien, bah, c’est qu’on ne peut rien pour vous.

Le sens du numérique ?
Le numérique s’oppose à l’analogique, c’est son sens mathématique. C’est la différence entre l’arithmétique et l’algèbre. Par extension, on parle de cinéma numérique, de son numérique, de bibliothèque numérique en opposition au cinéma classique, au son analogique, à la bibliothèque traditionnelle. C’est le traitement informatique, le calcul, la dématérialisation qui motivent cette qualification.

On parle d’industrie numérique et de pratiques digitales, même s’il n’y a rien de complètement systématique. La clef est pourtant ici à nos yeux : valeurs de base d’un côté, valeurs d’usage de l’autre.

Le chiffre versus la main, pour renvoyer à l’étymologie. Numérique tend à renvoyer de fait au technologique, à la dimension discrète de la technologie, celle que manipulent les ingénieurs et qui restent intangible.

Le sens du digital ?
Digital semblerait concerner plutôt l’usager dans son expérience de cette technologie numérique. Avec digital, on passe de l’autre côté de l’écran. L’influence anglosaxonne jouant énormément, les agences se présentent comme agences digitales, et non comme agences numériques. Tout est en jeu avec les termes numérisation et digitalisation, verrez que numérique et digital ne sont pas synonymes. La numérisation renvoie au changement de support de données (films, images, enregistrements), à sa dématérialisation, et la digitalisation à la communication via des supports immatériels, à l’accès au digital.

Personne n’ira parler de numérisation d’une marque (sauf de ses archives) alors que la digitalisation de la marque est une mutation en cours dans son dispositif global de communication. Certes, c’est là un sociolecte propre au marketing et aux agences, mais il n’en est pas moins significatif.

le terme digital est aujourd’hui beaucoup plus souvent employé au sens large pour parler de tout ce qui suppose se rapporter aux technologies numériques (aux supports, aux réseaux), mais aussi aux services et autres notions professionnelles relatives à une utilisation de la sphère numérique. C’est de là que vient toute l’erreur.

Cela vient essentiellement du fait que le jargon utilisé dans certaines disciplines, garde les termes anglais. Le vocabulaire anglo-saxon s’installe et s’étend dans tous les pays de fait. Ainsi : digital content (pour contenu numérique), digital 2.0digital storytellingdigital mediadigital brandingdigital native, etc. Mais au lieu de traduire par exemple : digital marketing en marketing numérique, les professionnels ont pris l’habitude de dire « marketing digital ».

« Digital » devient une norme à un moment donné. Et du coup, on se met à franciser certains mots. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence que « contenu numérique » est un peu malheureux à l’oreille avec cette double syllabe « nu ». Du coup, comme « contenu digital » n’est pas juste, on a tendance à garder la version anglaise « digital content », qui elle, est juste. Vous suivez ? En exemple : communication digitale, foyer digital, etc… Ce qui est risqué et faux au niveau du sens, si l’on s’en tient aux définitions de base. Par exemple, il est plus logique de dire « technologies numériques » que «  technologies digitales ». De même, « empreinte digitale » n’a rien à voir avec la formule « empreinte numérique » qui n’a pas de sens. Ça n’existe même pas.

La différence entre numérique et digital ?
Il convient d’envisager la différence numérique / digital comme une tension, non comme un binarisme. Les geeks comme les hackers passent de l’usage à l’encodage et vice versa. La culture numérique et la culture digitale sont évidemment liées. Mais ces quelques nuances d’imaginaire ne sont pas pour autant inutiles. L’imaginaire linguistique de digital est lié à la dimension expériencielle et à l’usage alors que l’imaginaire linguistique du numérique est lié à l’industrie et à l’encodage. Si l’on continue à explorer les usages linguistiques, on voit que l’on pourrait très bien qualifier une application comme étant numérique et digitale, sans être dans la pure redondance.

Alors, digital ou numérique ?

Ressources utilisées :

  • http://www.blogdumoderateur.com/numerique-ou-digital/
  • https://scribecho.wordpress.com/2014/02/25/numerique-ou-digital-une-ambiguite-bien-francaise/

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